Le mythe de Callisto #1: la fluidité des corps

« huic odio nemus est et conscia silva »

Ovide, Métamorphoses, II, 438

Ovide se propose, dans les Métamorphoses, de raconter les mutations des formes vers des corps nouveaux. Son très long poème est un carmen perpetuum (I, 4), un chant ininterrompu, depuis le chaos originel, jusqu’au temps du poète lui-même – qui est aussi le nôtre, désormais – au cours duquel l’informe prend forme, par métamorphoses successives, avant de se figer dans ce qu’il était destiné à être, dès lors qu’un dieu, nous dit Ovide, assisté de la nature elle-même, a entrepris de séparer ce qui s’intriquait stérilement, pour mettre de l’ordre dans le réel et lui attribuer une figure qui fasse sens. Les Métamorphoses dessinent alors, d’altération en altération, cette figure en mouvement perpétuel, avant que sa fluidité ne se cristallise définitivement dans sa forme dernière, achevée. Ainsi nous est expliqué, en quelques milliers de vers, comment le monde est devenu tel qu’il est, à présent, sous nos yeux. Les temps mythiques, les temps d’avant l’Histoire, étaient marqués par une plasticité extraordinaire, où un dieu pouvait devenir cygne, taureau ou pluie d’or, où une femme était métamorphosée en génisse, en ourse ou en laurier, un homme en loup ou en fleur, où des pierres lancées sur le sol prenaient vie pour renaître homme ou femme… Chacun de ces corps nouveaux garde un vestige de ce qu’il fut, l’ourse ni le loup n’ont perdu leur conscience humaine, même s’ils sont à jamais privés de la parole qui la manifeste; le laurier, immobile, continue de se refuser à l’étreinte d’Apollon. Ainsi le temps de l’Histoire n’a pas perdu la mémoire du mythe, qui continue d’infuser de son imaginaire merveilleux la réalité vivante qui nous entoure, et Ovide nous invite à sentir ses vibrations secrètes et poétiques.

*

Le mythe de Callisto est un des plus longs parmi tous ceux racontés par Ovide dans les Métamorphoses, et aussi, curieusement, un des plus méconnus. Il est assurément moins connu que celui de Narcisse, de Io ou d’Europe. On peut s’interroger sur les raisons d’une telle omission, j’y reviendrai. Ce mythe est en tout cas le lieu d’un enchevêtrement complexe de métamorphoses, qui le rend particulièrement riche de significations et ouvert aux interprétations. Il intervient au début du livre II, juste après que l’imprudent Phaeton a renversé sur le monde le char de son père Phoebus Apollon, divinité solaire, et menacé par sa maladresse de détruire l’univers, n’était l’intervention des Olympiens, gardiens de sa préservation et de son ordre.

Jupiter, en bon intendant, parcourt le ciel et les terres pour s’assurer que le désastre n’a causé aucun dégât irréversible et apaiser une nature profondément traumatisée par la catastrophe écologique qu’elle vient de subir. Le voici, soudain, qui se fige au milieu de ses allées et venues incessantes et industrieuses. Ovide, pour signifier la puissance irrépressible du désir, à laquelle même le dieu ne saurait résister (à supposer qu’il le veuille, ce qui, dans le cas de Jupiter, reste à prouver), utilise une image difficile à traduire mais qui exprime bien cette fluidité des êtres propre au monde mythique, comme si le corps, à tout moment, pouvait devenir autre sous l’effet des forces vitales qui le traversent.

Dum redit itque frequens, in virgine Nonacrina

Haesit et accepti caluere sub ossibus ignes

Ovide, Métamorphoses, II, 409-410

On peut traduire ainsi ces deux vers: « Au cours de ce va-et-vient répété, il se figea de désir pour une vierge Nonacrine1 et, en lui, l’incendie s’embrasa, le pénétrant jusqu’aux os. » L’expression « in virgine Nonacrina / Haesit » convoque concrètement l’image d’un véritable enracinement du dieu, à la vue de la jeune Callisto, dont ses regards ne peuvent plus se détacher. Par ailleurs, la métaphore de l’incendie, certes attendue en poésie pour signifier le désir, prend dans ce contexte un sens particulier qui dépasse le simple topos littéraire, puisqu’elle apparaît juste après la description de l’incendie du monde causé par la chute de Phaeton. Les frontières entre extérieur et intérieur ne sont pas étanches, et le feu qui manqua dévorer le ciel et la terre, dévore à présent le dieu jusque dans les parties les plus intimes de son corps. Et, comme il a su guérir les forêts incendiées, Jupiter connaît le moyen de remédier au feu qui lui brûle les os – on verra lequel dans un instant.

Dans L’homosexualité féminine dans l’Antiquité grecque et romaine (Les Belles Lettres, 2007), Sandra Boerhinger écrit à propos d’érôs:

« Érôs est une force qui tend à objectiver: le sujet amoureux subit des sensations, il est une cible, une victime, non le sujet actif de ses désirs. C’est un état qui transforme l’individu au plus profond de lui-même, une forme d’invasion. »

Sandra Boerhinger

La double image, dans ces vers d’Ovide, de l’enracinement et du feu qui dévore le dieu jusqu’aux os, confirme cette représentation d’érôs comme force à la fois aliénante et invasive. Mais si Jupiter subit comme les autres la puissance d’érôs, il est le seul, des mortels et des dieux eux-mêmes, à ne jamais rester victime passive de son désir – le plus souvent aux dépens de celles et ceux qui l’ont suscité. Et de fait, il ne serait pas opportun que le garant de l’ordre du monde soit susceptible d’être dominé. L’égalité de tous devant érôs a donc nécessairement ses limites, sans quoi la structure même de l’univers serait compromise. Une telle fonction est assurément un argument de défense imparable lorsqu’il s’agit de justifier les comportements les plus douteux.

Mais intéressons-nous maintenant à la « vierge Nonacrine » qui embrase ainsi le dieu et lui fait oublier tous ses devoirs. Même si Ovide, tout au long de son récit, ne la nomme jamais autrement que par ce genre de périphrases, qui lui donnent une épaisseur à la fois géographique et temporelle, son lecteur, forcément lettré, la reconnaît aisément. Elle s’appelle donc Callisto, nom qui, en grec, signifie « la plus belle » ou « la plus grande beauté ». Il y a bien là de quoi enflammer le roi de l’Olympe. Pourtant, la description qu’en donne le poète dès l’instant qu’elle tombe sous le regard de Jupiter ne répond en rien aux canons de la beauté féminine en cours dans l’Antiquité. D’ailleurs, on ne saura rien de ses caractéristiques physiques proprement dites et le texte s’attarde seulement sur ce que les Grecs appelaient êthos et les Romains cultum, autrement dit sa manière d’être, ce qui fait, en termes modernes, son identité. Et autant dire que le mode de vie de cette jeune fille est bien loin de ce qu’on attendait des Romaines, qu’elles fussent virgines ou matronae. Elle est ce qu’autrefois on appelait maladroitement un « garçon manqué » et Ovide nous la fait voir en enchaînant les négations:

Non erat huius opus lanam mollire trahendo

Nec positu variare comas; ubi fibula vestem,

Vitta coercuerat neglectos alba capillos

Et modo leve iaculum, modo sumpserat arcum,

Miles erat Phoebes

Ovide, Métamorphoses, II, 411-415

Voici comment on peut traduire ces cinq vers: « Elle n’avait que faire de tirer et assouplir la laine, ni d’arranger sa coiffure en compositions variées ; une fois qu’une agrafe avait maintenu sa tunique, un ruban blanc dompté ses cheveux en bataille, et qu’elle avait pris en main son javelot léger ou son arc, elle était une soldate de Phœbé (…). » La quenouille et le métier à tisser, instruments de prédilection des Romaines cantonnées dans leur domus, sont remplacés par le javelot et l’arc, armes de la chasse; la jeune fille ne semble pas passer beaucoup de temps devant son miroir et préfère parcourir échevelée les montagnes d’Arcadie à la recherche du gibier. La description s’achève sur un rejet sidérant qui résume à lui seul l’inversion des genres incarnée par la jeune Callisto: « Miles erat Phoebes ». Le terme « miles » n’est jamais utilisé au féminin, au point que certains traducteurs, comme effarouchés devant l’audace d’Ovide, le rendent par « suivante », et annihilent l’effet de surprise ainsi créé. Le poète insiste pourtant, fait bien de Callisto ce qui ne peut apparaître aux yeux de son lecteur romain que comme un oxymore absolu, une virgo miles. Et c’est devant cette vierge soldate, ce paradoxe vivant, ce mélange des genres, que Jupiter tombe en arrêt, foudroyé par le désir. Le texte d’Ovide semble ainsi confirmer ce que Sandra Boerhinger (op. cit.) écrit en conclusion d’un long développement sur le Banquet de Platon, à propos du rôle – ou plutôt de l’absence de rôle – joué par l’identité sexuelle dans l’irruption du désir:

« Le désir est un mouvement de l’âme qui ressent les affections du corps, et cette âme n’est pas sexuée. Le désir n’est en lui-même pas sexué: il est indépendant, en sa nature même, du sexe du corps qui désire comme de celui qui est désiré. »

Sandra Boerhinger

Jupiter désire une virgo (jeune fille) qui a toute l’apparence physique d’un puer (jeune garçon). Il n’y a là pour lui aucune espèce de différence; ce qui importe bien plus, c’est le feu qui s’est emparé de son corps, et, loin de se poser des questions intempestives sur le sexe de celle qui l’attire, il agira uniquement en fonction du désir qui le consume. En décrivant ainsi la jeune Callisto, Ovide annonce une fluidité des corps, des sexes, des genres et des désirs qui traversera tout le mythe pour lui permettre de proposer une représentation du monde rigoureusement inscrite dans son époque et sa société, avec ses codes très stricts, tout en l’interrogeant insidieusement.

L’ambivalence apparente du portrait de Callisto est en effet contrebalancée dès les vers suivants, où Ovide précise que jamais une autre n’a autant été aimée de Diane. Or on sait comment la déesse traite les hommes qui osent s’approcher un peu trop d’elle: que l’on pense au malheureux Actéon qui, pour avoir eu la malchance de la surprendre par inadvertance alors qu’elle se baignait, a fini métamorphosé en cerf puis déchiré par ses propres chiens (Ovide, Métamorphoses, III, 138-252).

La faveur de Diane pour Callisto réinscrit bien la jeune fille dans l’ordre du féminin et il apparaît clairement qu’il y a, au cœur du mythe, une amitié particulière entre femmes. Cet amour entre la déesse et sa jeune soldate est implicitement confirmé par la suite de l’histoire puisque Jupiter, pour arriver à ses fins, en usera scandaleusement.

*

Juste après avoir été aperçue par le dieu, la jeune nymphe, fatiguée de la chasse, se réfugie des rayons du soleil, alors à son zénith, dans un bois « jamais frappé par les âges ». Elle se dépouille alors de ses attributs « masculins », son carquois, son arc, et s’allonge dans l’herbe. Les indications données par Ovide nous montrent ainsi une jeune femme qui s’abandonne au repos, dans un lieu qu’elle juge sûr, avec raison puisque le temps lui-même n’a osé le toucher. Sandra Boerhinger (op. cit.) voit dans la précision descriptive du bois, resté inviolé, une métaphore de la virginité de Callisto. On peut sans doute élargir encore l’interprétation et y voir un lieu où la solitude s’harmonise exactement avec ce que l’on est, où le corps est dans un accord, aussi parfait que possible, avec lui-même et ce qui l’entoure. La notation prépare ainsi, par contraste, la violence de ce qui va suivre. Jupiter, qui sait toujours choisir les occasions les plus propices à ses intérêts, décide de la surprendre dans ce lieu, justement parce qu’il la voit abandonnée, confiante en son refuge.

Comme souvent chez Ovide lorsqu’il met en scène les frasques sexuelles de Jupiter, le récit tourne momentanément au vaudeville et la majesté du dieu n’en sort pas indemne. On peut considérer qu’une telle représentation, au moment où il s’apprête à violer la jeune nymphe, derrière le sourire très provisoire qu’elle soulève éventuellement, est une manière d’interroger ses actions dans la mesure où la révérence à l’autorité est quelque peu mise à mal. Ainsi, quand Callisto voit, dans le bois où elle se retire pour une sieste bienvenue, un havre sécurisant, Jupiter, lui, y voit le lieu idéal pour commettre son forfait en toute discrétion, et pour échapper notamment aux regards scrutateurs de sa femme jalouse:

« Hoc certe furtum coniunx mea nesciet » inquit

« Aut si rescierit, sunt, o sunt iurgia tanti! »

Ovide, Métamorphoses, II, 423-24

Jupiter se réjouit sous cape de prendre du bon temps tout en bernant facilement sa bourgeoise: « Voilà une incartade, assurément, que ma chère femme ignorera, se dit-il, ou alors qui, si elle devait la découvrir, vaut, oh oui, bien des querelles ! ». Mais si le dieu n’a à craindre de ses frasques que l’inconvénient d’une querelle avec sa femme, dans l’hypothèse où elle les découvrirait, il n’en va pas de même pour sa victime, et il le sait très bien: le sort de la malheureuse Io, métamorphosée en génisse puis prisonnière d’Argus, en est une preuve récente (Ovide, Métamorphoses, I, 583-746).

Bon Boullogne l’Aîné, La nymphe Io métamorphosée en génisse (premier quart du XVIIIe siècle): la jeune fille tente de se faire reconnaître de son père en écrivant son nom sur le sol avec sa patte.

*

Cette première partie du mythe s’achève donc sur un viol, où la fluidité des corps et des désirs est à son comble, et crée un effet dramatique particulièrement bouleversant. Jupiter, on l’a vu, s’est enflammé pour la jeune nymphe quand elle avait, au regard des codes culturels romains, toute l’apparence d’un puer. Il décide de l’aborder alors qu’elle s’est justement dépouillée de ses attributs connotés masculins. Mais il inverse à son tour les genres et, pour prendre au piège la jeune fille, se métamorphose en Diane, conscient, semble-t-il, de l’amour qui lie Callisto et la déesse. De fait, en voyant l’aimée s’approcher, non seulement la nymphe ne se méfie pas, mais elle s’empresse de proclamer amoureusement Diane supérieure à Jupiter en personne. Loin de s’offusquer, le dieu, sous les traits de la déesse, se réjouit, nous dit Ovide, de « se voir préférer à lui-même ». Sous le regard de Callisto qui l’aime, le dieu semble devenir, momentanément, la déesse. Le désir de l’autre parachève la métamorphose en l’incarnant, en réalisant l’illusion. Pour un instant, Jupiter est Diane, et Ovide nous montre deux femmes qui se regardent, et s’embrassent. Pour un instant, mais un instant seulement, émerge la possibilité d’une étreinte à la fois consentie et qui a lieu sur un plan d’égalité. La ruse est parfaite, et cruelle. Si Callisto reçoit les baisers de l’autre tant qu’elle croit qu’ils viennent de Diane, alors même, précise le poète, qu’ils sont trop empressés pour convenir à une vierge, dès lors que Jupiter révèle sa véritable identité, ou plutôt son véritable sexe, la nymphe se débat furieusement – en vain, évidemment. L’idée d’une actualisation du désir sans rapport de force n’était qu’une illusion, et le récit doit basculer de nouveau dans la seule représentation de la sexualité envisagée par les Romains, laquelle ne peut avoir lieu qu’entre un dominant et un dominé. Pourtant, pour un bref moment, le mythe a entrouvert l’imaginaire sur un autre possible.

Il reste que la rencontre se termine sur un acte de violence incontestable:

Inpedit amplexu nec sine crimine prodit.

Illa quidem contra, quantum modo femina posset,

(…)

Illa quidem pugnat; sed quem superare puella,

Quisve Iovem poterat superum? Petit aethera victor

Iuppiter

Ovide, Métamorphoses, II, 433-38

C’est bien l’instant précis où Jupiter quitte son apparence féminine et redevient homme qui signale le basculement dans le viol: « Il l’entrave de son étreinte et, non sans crime, se dévoile. Vraiment, elle résiste, autant seulement qu’une femme le pouvait (…), vraiment, elle se bat ; mais une jeune fille, qui pouvait-elle dominer ? Même, lequel des dieux pouvait l’emporter sur Jupiter ? Vainqueur, Jupiter regagne l’éther ». Le combat, on le voit, est parfaitement inégal. Et la jeune fille, qui vivait jusque-là libre de toutes contraintes, est définitivement métamorphosée par la violence qu’elle subit – avant de l’être concrètement un peu plus tard dans le récit. Son corps ne lui appartient plus déjà, et il lui sera bientôt arraché de manière plus tragique encore. Ovide montre une sensibilité presque étonnante à ce que peut éprouver une femme dans la position de Callisto ici. Alors que le dieu, son désir assouvi, rentre tranquillement chez lui, la nymphe nous est montrée complètement désorientée:

(…) huic odio nemus est et conscia silva;

Unde pedem referens paene est oblita pharetram

Tollere cum telis et, quem suspenderat, arcum.

Ovide, Métamorphoses, II, 438-40

Ainsi le lieu, autrefois un refuge, désormais témoin du viol, lui est devenu odieux: « elle, le bois et ses arbres complices, elle les a en horreur ». Et, en partant, étrangère à elle-même, aliénée par la violence subie, elle manque d’oublier les attributs qui firent son identité en même temps que sa force et sa liberté: « en s’en allant, elle a presque oublié de prendre son carquois avec ses flèches, et son arc, qu’elle avait suspendu à une branche. »

Certes, Ovide représente l’ordre immuable de son monde, où le dieu – et l’homme – ne peut qu’être vainqueur sur la jeune fille, malgré la vigueur et le courage de sa résistance. Mais sa poésie, en mettant délicatement l’accent sur le point de vue de Callisto, permet au lecteur de questionner la légitimité d’un rapport de force aussi déséquilibré. Le mythe, en racontant la fluidité des corps avant la cristallisation historique du réel, continue d’ouvrir, dans le présent, le champ des possibles, quand une jeune fille peut parcourir librement la nature sauvage, sans se soucier de son apparence ni de ce que la société prétend lui imposer, et aimer une autre femme; quand le dieu, gardien de cet ordre universel, s’il doit naturellement rester victorieux, n’échappe pas pour autant complètement à la désapprobation du poète.

Cliquez ici pour lire le deuxième texte, sur la suite du mythe.

1Le Nonacris est une montagne d’Arcadie: l’expression désigne Callisto

Image en Une: Jupiter et Callisto, Paul Rubens (1613)

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