Fictions

La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue c’est la littérature.

Nous ferons nôtre la profession de foi fameuse de Proust dans Le Temps retrouvé, en l’élargissant à l’ensemble des formes de fiction, qui nous donnent accès à une expérience virtuelle, prolongement de nous-mêmes et de notre existence. Nous imaginons le monde autant que nous le regardons, et par ces deux gestes nous le comprenons et le vivons plus intensément, plus complètement, plus réellement. Regarder le monde, c’est déjà l’imaginer, c’est déjà le composer, pour qu’il s’éclaircisse et se révèle. La confrontation à la fiction est un exil de soi, par lequel seul un retour véritable est possible, quand notre esprit est passé par autant de mondes qu’il y a d’oeuvres, changé, et pourtant le même. Ainsi toutes les fictions rencontrées tissent un réseau neuronal virtuel où nous persévérons dans notre être, chacune une pièce du puzzle qui peu à peu nous déchiffre.

C’est à travers ce plafond, le songe, que nous voyons la réalité, l’infini (Victor Hugo)